Ce jour-là, intuitivement mes pas sont guidés vers la magie de la clairière auréolée de l’esprit des boisés, l’humus de la forêt résonne de plénitude. Le soleil commence à s’éclipser derrière les grands arbres. Adossé à un vieux chêne à l’orée des bois, je ressens jusque dans mes muscles, ce qui m’attire et m’aimante sous ses frondaisons. Je sais que toute rencontre animale enfante des merveilles.
Tout proche, un dernier raire s’immisce comme une caresse sur ma peau et amplifie mes perceptions. Une branche craque et le tapis de feuilles se met à chanter la complainte des sous-bois. Sans l’avoir approché, le grand cerf passe à côté de moi. Comme une apparition de légende, l’âme de la sylve majestueuse et mythique s’avance dans la clairière. Le seigneur des lieux se tient devant moi en maître des régénérescences, sa ramure coiffant encore sa tête de champion de la longévité. Il s’allonge dans la prairie, secoue sa tête, tout en faisant danser sa ramure. Puis, la harde le rejoint…
Cette vision auréolée d’une lumière divine touche mon cœur jusqu’en mon for intérieur. Je remercie alors du regard et du cœur le cerf aux yeux d’ambre. En créature des bois, ma silencieuse présence encore tout en émoi, mes yeux étincellent de joie. Le prince de la sylve redresse fièrement l’encolure et secoue encore une fois sa noble ramure. La nuit s’engouffre dans les sous-bois mystérieux dont les ombres épaisses happent sa royale présence…

